Comment s’est préparée cette nouvelle édition ?

Jean-Baptiste Kerbrat : Elle a été très compliquée à mettre en place en raison de la crise sanitaire. Comme la plupart des congrès médicaux, nous avons dû annuler la session de l’année dernière à cause de la reprise de la pandémie. Nous avons donc gardé le thème du congrès, qui tourne autour des évolutions dans l’orthodontie, et tout le programme scientifique et l’avons reporté d’un an. Ce qui, en termes d’organisation, est aussi complexe que d’organiser un nouvel évènement.

Quelle différence majeure y aura-t-il avec les JO 2019 ?

J-B.K. : La grande nouveauté, c’est ce que nous avons organisé quelques séances en virtuel, ce qui nous permettra de recevoir six ténors internationaux, des gens qui vivent loin et n’auront ainsi pas à se déplacer. Le virtuel permettra aux participants de revoir leurs conférences en replay, ainsi que celles de nos ténors nationaux. Le replay sera accessible pendant deux ou...

trois mois. Si cela ne remplace bien sûr aucunement le côté convivial et l’interactivité du présentiel, c’est tout de même très pratique. Il suffit d’être inscrit au congrès pour avoir accès au virtuel, le prix est le même.

François Darqué : Pour la première fois dans l’histoire des JO, nous avons construit un programme virtuel. C’est d’ailleurs ce qui a demandé le plus de travail. Initialement, il avait été construit dans l’éventualité où le congrès ne pourrait pas se tenir. Finalement, cela a été gardé en parallèle du présentiel pour enrichir le congrès. Car le congrès virtuel n’est pas un sous-congrès, il est vraiment intéressant. Nous parlerons beaucoup des enjeux numériques, tant au niveau éthique que de la régulation ou de la sécurité des données de santé, un enjeu de plus en plus crucial. Rien n’est plus terrible pour un praticien qu’une cyberattaque. Seules les personnes vivant à l’étranger peuvent ne s’inscrire qu’au congrès virtuel.

Le format du présentiel n’a donc pas changé ?

F.D. : Le format reste le même : il y a les séances organisées par toutes les sociétés scientifiques, la commission des fentes, celle de l’apnée du sommeil, les communications libres, les ateliers, très intéressants à titre individuel. Et un précours le vendredi matin.

Quels seront les moments clé de cet évènement ?

J-B.K. : Le précours du vendredi matin est un évènement très important. Tout comme la séance des sociétés et la séance du président qui nous réserve quelques surprises. Nous faisons monter trois orthodontistes sur scène qui, pendant quelques minutes, nous font découvrir leurs talents artistiques. Les journées des assistantes sont aussi capitales. Car un cabinet d’orthodontie c’est une équipe avant tout. Enfin, la soirée est bien sûr très importante. Elle aura lieu le samedi soir et devrait nous permettre de nous retrouver dans un contexte chaleureux et convivial. Elle sera ouverte aux premiers inscrits, le nombre de place est limité. Nous avons préparé une newsletter qui dit « revenir aux JO, c’est se redécouvrir et se reparler ». Ce « re » est capital car nous n’y avons pas eu droit depuis deux ans.

F.D. : La séance des sociétés sera un temps fort et, en accord avec le thème de l’évènement, « L’orthodontie, une spécialité médicale en constante évolution », nous avons voulu parler de l’intelligence artificielle. Si on sait que celle-ci envahit notre quotidien, il est très compliqué de détenir la vérité sur l’avenir de notre métier. Nous parlerons de son impact en médecine, et plus particulièrement dans l’orthodontie. Il y a aura une séance des sociétés avec l’inventeur de Siri, Luc Julia qui donnera sa définition de l’IA. Il préfère parler d’une intelligence augmentée. Il y aura également une conférence nous permettant d’apprécier la façon dont on prend des décisions au niveau cérébral. Cela traitera du chemin de la décision au niveau neurophysiologique.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la raison d’être des « JO des assistantes » ?

F.D. : La part de l’assistante au cabinet est de plus en plus importante. Le numérique est venu enrichir notre spécialité. L’orthodontiste devra être de plus en plus sur tous les fronts. Il sera de plus en plus confronté à la question du flux numérique, tant au niveau de la gestion que de la décision des traitements. Dans le parcours de soins et même dans l’observance des traitements, l’assistante devra l’aider à gérer ce flux numérique et sera un acteur prépondérant dans le fonctionnement du cabinet.

Combien de personnes attendez-vous ?

J-B.K. : Nous n’en avons aucune idée. Nous sommes complètement dans le brouillard. Beaucoup de gens nous disent vouloir venir mais vont-ils passer à l’acte ? Si certains restent méfiants à cause de la pandémie je pense que globalement, les gens ont envie de se rencontrer, au-delà de l’aspect scientifique de la chose. Nous venons de vivre deux ans terribles. Nous avons dû fermer nos cabinets pendant deux mois. Qui auraient pu imaginer qu’une telle chose pourrait arriver ? Les gens veulent sortir de cette torpeur. Nous espérons que cet évènement sera une belle fête. Nous sommes sereins au niveau de la santé publique car les choses s’améliorent. Qui plus est, le pass sanitaire sera indispensable pour assister à nos journées. Malgré tout, certains réfractaires et anxieux privilégieront sans doute le virtuel.

F.D. : L’année 2019 a été assez exceptionnelle avec une participation record de plus de 3 000 personnes. Cette année, nous avons ouvert les inscriptions début septembre, soit un peu plus tard que d’habitude car nous attendions de voir comment la situation sanitaire allait évoluer, mais cela démarre bien. Nous sommes assez enthousiastes même si nous ne comptons pas sur le même nombre de participants. Beaucoup de gens ont envie de se retrouver et de partager à nouveau mais la crainte de la Covid demeure.

Rendez-vous du 12 au 14 novembre / Palais des congrès de Paris / 2, place de la Porte Maillot / 75017 Paris – www.journees-orthodontie.org – Sur Twitter @FFOrthodontie – Téléchargez l’appli smartphone « JOrthodontie 2021 » pour retrouver le programme scientifique, les conférenciers, et les partenaires et exposants du congrès.

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