Comment s’est préparée cette nouvelle édition ?

Pr Olivier Sorel, président de la SFODF

Olivier Sorel : Nous avions prévu un évènement exceptionnel au Palais des congrès de Lyon mais les conditions actuelles ne nous le permettront malheureusement pas. Nous nous sommes donc organisés pour une solution hybride. Nous avons prévu des dispositifs pour que quelques intervenants soient présents à Lyon pour donner leur conférence en direct, pendant une vingtaine de minutes, communiquer avec les participants et répondre à leurs questions en live. J’espère que cela rendra les choses un peu plus vivantes. Nous gardons le même programme que celui qui était prévu à l’origine et au moins une quarantaine d’intervenants devraient s’exprimer. En revanche, ceux qui ne voudront pas enregistrer leur conférence et la diffuser sur Internet ne passeront pas.

Pourquoi avoir choisi la ville de Lyon ?

O.S. : La SFODF a été créée à Lyon le 22 mai 1921 par le Pr James Quintero. Aussi, tous les dix ans, le congrès est organisé à Lyon. Pour commémorer nos 100 ans, il nous paraissait donc évident d’organiser la célébration dans la ville des Lumières.

100 ans, c’est une date importante…

O.S. : Il n’existe pas d’autres sociétés scientifiques centenaires en France. Nous sommes également l’une des plus vieilles sociétés scientifiques en Europe et même dans le monde. L’année prochaine, à Lille, nous serons tellement contents de nous retrouver que cela sera une déjà une fête en soi.

Pourquoi avoir choisi le thème de l’innovation ?

Dr Sarah Chauty, coprésidente scientifique de la 92e réunion SFODF

Sarah Chauty : C’est Claire Pernier, la coprésidente de l’évènement qui a eu l’idée, et j’ai dit « Bingo ! ». Nous voulions célébrer les 100 ans de la SFODF bien sûr mais également ceux de l’orthodontie. À cette occasion, nous voulions un thème qui récapitule tout ce qui s’est passé, mais aussi tourné vers l’avenir, vers les perspectives de la profession. L’innovation est un sujet qui nous paraissait pertinent car, pendant un temps, on avait l’impression que tout avait déjà un peu dit et fait dans le domaine et d’un coup, d’un seul, tout s’est précipité. Beaucoup d’innovations sont arrivées au même moment et ont changé la profession : les mini-vis, les implants… Il y a également eu des progrès très importants dans la chirurgie, notamment dans le déplacement dentaire. Alors même que cela nous apparaissait imposé par la biologie, on a découvert que cela pouvait être modifiable. Sur le plan esthétique, maintenant, on arrive à des restaurations tout à fait acceptables, par exemple des incisives latérales riziformes.

Comment avez-vous conçu le programme ?

S.C. : Nous avons commencé à travailler dessus avec Claire Pernier pendant le premier confinement. Nous avons été très inspirées par les conférences de la société d’Angle, qui proposait chaque jour des intervenants internationaux de haut niveau. À la suite de quoi, nous avons eu envie d’en inviter certains tellement ils avaient été passionnants, notamment Anton Sculean. Il donne des conférences fabuleuses qui s’adressent à la fois aux parodontologues et aux orthodontistes. On dit que c’est l’expert en parodontologie le plus coté au monde. On a essayé de monter un congrès au top avec des intervenants de qualité.

Les intervenants illustreront-ils leurs propos par des cas cliniques ?

S.C. : Nous avons voulu organiser un congrès qui parle d’innovation mais pas seulement pour faire rêver sur des choses que nous ne pourrons jamais faire. Il s’agit de donner des logiques cliniques, de montrer des actes que l’on pourrait appliquer au cabinet et d’évoquer les problèmes qui pourraient survenir. La question des équipements sera d’ailleurs abordée. Serge Dahan et Guillaume Lecoq parleront par exemple de l’empreinte numérique qui change complètement notre façon de prendre en charge certains traitements.

Vous n’êtes pas trop déçue que l’évènement ait lieu en ligne ?

S.C. : Si, comme tout le monde, j’aurais préféré que l’évènement ait lieu en présentiel, ce format a tout de même ses avantages. Pour ce qui est des mini-vis et des mini-plaques par exemple, j’ai vraiment bien compris en regardant les conférences de la société d’Angle car les mini-vis sont minuscules. Aussi, il est beaucoup plus facile de voir de quoi on parle sur un écran d’ordinateur de chez soi que sur un écran géant, de loin, dans une salle bondée de monde. Avec le congrès on ligne, on pourra être plus précis.

Lors de la session accordée aux assistantes, quels thèmes seront abordés ?

S.C. : Pendant le premier confinement, Cécile Valéro a diffusé des vidéos sur sa chaîne Youtube. Nous expliquerons comment tirer parti d’Internet, notamment pour éduquer les patients. Mais Internet ayant bien entendu des aspects négatifs, nous aborderons également quoi faire si nous sommes victimes d’avis négatifs de patients sur le Web. Et bien sûr, la question des données médicales et des informations qui circulent. Beaucoup de praticiens et d’assistantes échangent entre eux via les réseaux sociaux mais cela est soumis à des règles précises. Mélaine Paya-Argoud, du conseil de l’Ordre, nous expliquera ce qu’on a le droit de faire ou pas : on ne discute pas comme ça du cas d’un patient avec un confrère sur Internet pour lui demander des conseils.

Puis, nous aborderons tout ce qui est dispositifs modernes. Wajeeh Khan donnera une conférence pédagogique et logique pour les assistantes au sujet des aligneurs. Il expliquera ce qu’on peut faire ou ne pas faire, et les contraintes. Car parfois, les patients n’osent pas interroger les praticiens et les assistantes se retrouvent en première ligne. Jean-Stéphane Simon parlera quant à lui du lingual : comment communiquer avec des patients de plus en plus exigeants et assister le praticien dans ses interventions.

Enfin, sera abordée la question de l’empreinte numérique. Guillaume Lecoq et Stéphane Desplanques vont donner une conférence très pratique sur comment utiliser cet outil et ce qu’on peut en tirer.

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