Comment s’est préparée cette nouvelle édition ?

Yves Soyer : Avec beaucoup de temps ! Je devais organiser l’édition 2020, mais après le déconfinement de mai, les conditions n’étaient pas réunies pour tenir un congrès dans de bonnes conditions. Le programme a été reporté à 2022 car la réunion scientifique de 2021 allait être consacrée au centenaire de la SFODF. Avec le président scientifique Damien Brézulier et l’ensemble du comité d’organisation, nous avons donc eu le temps de parfaitement nous organiser ! La plupart des conférenciers qui étaient prévus en 2020 reviennent en 2022. Si le thème du congrès reste le même – « Le diagnostic en orthodontie : actualités et perspectives » – , certains en ont profité pour mettre à jour leur présentation avec de nouvelles données. Il a aussi fallu suppléer à certaines...

absences en invitant de nouveaux intervenants. Les sessions seront à la fois présentielles et distancielles, et pratiquement toutes disponibles en replay.

Pourquoi avoir choisi le thème du diagnostic ?

Y.S. : On a voulu revenir aux sources. En orthodontie, nous ne diagnostiquons plus de la même façon qu’autrefois, ni avec les mêmes outils. Ce sera l’occasion de faire le point sur les paramètres actuels qui peuvent nous guider, et sur les perspectives : intelligence artificielle, biométrie et plus généralement les nouvelles méthodes informatisées qui ne sont pas encore entrées dans tous les cabinets.

La parodontologie sera mise à l’honneur. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Y.S. : La nécessité d’aborder le domaine de la parodontologie nous a paru évidente. Harmonie du sourire, support dentaire, osseux, gingival : quelle est l’approche aujourd’hui et comment améliorer notre démarche diagnostique là-dessus ? Nous tenterons de répondre à cette question.

Lors de la journée dédiée aux assistantes dentaires, quels thèmes seront abordés ?

Y.S. : Organisée avec la Société internationale de kinésithérapie linguale oro-maxillo-faciale, cette journée du 13 mai sera consacrée à la rééducation fonctionnelle. Quand elles sont un peu formées sur ces questions, les assistantes peuvent considérablement nous aider dans nos cabinets. Elles peuvent relayer le discours du praticien. Lorsque les enfants entendent le même message formulé par des personnes différentes, ça a plus d’impact. Les assistantes dentaires sont un maillon essentiel de nos équipes, nous les encourageons donc à accompagner leur praticien dans nos réunions scientifiques afin d’approfondir leurs connaissances tout en bénéficiant de moments de convivialité.

La SFODF a célébré son centenaire l’an passé à Lyon dans une édition intégralement distancielle. Quel bilan tirez-vous de cet événement ?

Oliver Sorel : En dépit de quelques frayeurs début 2021, le bilan est extrêmement positif. Nous avions bon espoir de nous réunir en présentiel, malheureusement la situation se dégradant au fur et à mesure, il a fallu se rendre à l’évidence que maintenir la 92e réunion scientifique dans son format traditionnel allait être impossible. Néanmoins, nous avons mis en place un véritable studio qui nous a permis d’avoir des conférences à distance vivantes et interactives. Sur le plan scientifique, les Drs Sarah Chauty et Claire Pernier ont fait un boulot fantastique ! La SFODF n’a pas à rougir non plus du travail fourni, notamment par l’intermédiaire d’Alexandra Schaller, qui a réussi à anticiper le déroulement des opérations. En résumé, un très grand succès !

Êtes-vous satisfait de la fréquentation ?

O.S. : Alors bien évidemment, aucun congressiste n’a pu se déplacer à Lyon – uniquement quelques « happy few » : les conférenciers, les présidents de séance et des membres du conseil d’administration. Cela ne nous a pas empêchés d’avoir une très bonne fréquentation en direct et en différé grâce aux replays, ce qui récompense nos investissements.

Que pouvez-vous nous dire sur la thématique du diagnostic, retenue cette année ?

O.S. : On prend aujourd’hui en compte beaucoup plus d’éléments pour poser un diagnostic qu’auparavant, tout en gardant nos bases traditionnelles. L’un ne remplace pas l’autre, l’orthodontiste ne devient pas une machine. Il y a pour moi un socle diagnostic d’observation clinique du patient, de son anamnèse, et là on n’a rien inventé. Nous avons désormais plus d’expérience des effets secondaires, des difficultés, on apporte davantage d’attention au terrain parodontal mais en plus de cela il y a des innovations technologiques. L’intelligence artificielle en orthodontie est encore peu développée, mais avec le cone beam et les empreintes numériques notamment, la notion d’informatisation du diagnostic s’est beaucoup étendue. Mais tout reste basé sur une décision humaine finale.

En 2023, vous présiderez la 94e réunion scientifique, qui se tiendra à Avignon. Quel thème avez-vous choisi ?

O.S. : Le terrain a déjà été largement dégagé, le programme scientifique est en voie d’élaboration très sérieuse. Le thème retenu est « la décision thérapeutique », qui succédera fort logiquement au « diagnostic » du président Soyer. La cohérence d’ensemble aurait pu être encore plus manifeste sans l’annulation du congrès 2020 ! Nous aurions dû avoir le diagnostic en 2020, puis l’innovation en orthodontie en 2021, et enfin la décision en 2022…

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