Les publications d’orthodontistes datent du début des années 2000, dix ans après la mise sur le marché des premiers modèles. Les premiers, comme David M. Sarver ou Neal D. Kravitz déclinent les différentes indications du laser diode dans sa partie ablative. Puis suivent Stephen Tracey et, plus près de nous, les Italiens comme Carlo Fornaini et Antonio Gracco.

Laser : l’essentiel

Le Laser, qui est l’acronyme de  »Light Amplification by Stimulation Emitted Radiation », est un rayon lumineux cohérent exclusivement créé par l’homme.

Un laser est donc, fondamentalement, un amplificateur de lumière dont la sortie est réinjectée à l’entrée. Son alimentation en énergie est la source du pompage ; la sortie est le rayonnement laser qui est réinjecté à l’entrée par les miroirs de la cavité de résonance ; le mécanisme de l’amplification est l’émission stimulée. Il est construit à partir de gaz, de cristaux, de terres rares ou de semi-conducteurs.

Le laser à diode...

est un laser à semi-conducteurs qui permet un couplage direct entre l’énergie électrique et la lumière. Il peut travailler en mode continu, c’est-à-dire que la puissance affichée sera la puissance restituée au niveau du tissu ou en mode pulsé qui sera défini comme la moyenne entre la puissance de crête et la puissance minimum (ti on – ti off). Cette distribution de puissance permet une réduction de l’effet thermique sur le tissu en fonction de l’intervalle temporel.

À l’origine, la médecine a travaillé avec des lasers dont les longueurs d’onde étaient dans le rouge et l’infrarouge c’est-à-dire de 700 nm à 3 000 nm.

Aujourd’hui, que ce soit en ophtalmologie, gynécologie ou dermatologie, ces spécialités travaillent avec bien d’autres longueurs d’onde. L’odontologie a, elle aussi, évolué et de nouvelles longueurs d’onde sont désormais exploitées pour nos soins et traitements.

Avantages du laser diode

Les lasers diode ont-ils notre préférence en orthodontie ?

Oui : car ils ont de nombreux avantages :

  • Ce sont des matériels de petit volume, donc transportables et bien souvent utilisables à la fois en mode filaire et également sur batterie, donc très mobiles.
  • À l’opposé des bistouris électriques, ils ne peuvent pas provoquer d’arc électrique.
  • Parmi les lasers, les lasers à diode pour l’odontologie sont les moins onéreux.
  • Les embouts des fibres sont stérilisables ou à usage unique.
  • En fonction de leur longueur d’onde, ils peuvent être destinés uniquement à la photobiomodulation pour les praticiens qui ne veulent pas réaliser des actes ablatifs.
  • L’apprentissage est relativement rapide.
  • Les actes sont le plus souvent réalisés avec une anesthésie topique.
  • La cicatrisation est plus rapide.
  • Les suites sont moins douloureuses.
  • Ils ne coupent pas l’os, donc pas de risque de lyse osseuse.
  • Et pas de contre-indication (comme le bistouri électrique pace-maker).

Inconvénients

– Ils sont « praticien-dépendant ».

– Ils nécessitent des protections oculaires pour le praticien, l’assistante et le patient.

– Les lunettes doivent couvrir les longueurs d’onde du matériel utilisé.

– Ils nécessitent un environnement sécuritaire pour éviter que le rayon puisse se réfléchir (miroir, vitre).

– Comme ils ne peuvent pas couper l’os, certains actes comme l’ostéoplastie ou la laser-cision n’est pas possible.

Indications

En ce qui concerne les actes ablatifs, les orthodontistes peuvent bénéficier de nombreuses applications. Parmi celles-ci, nous pouvons réaliser :

  • des freinectomies labiales inférieures et supérieures ;
  • la section des brides latérales ;
  • la freinectomie linguale ;
  • la fenestration des dents incluses vestibulaires ou palatines ;
  • les gingivectomies dans le cas d’une gencive hypertrophique. 

Il aura aussi un rôle dans ce que les Américains nomment « contouring » c’est-à-dire une gingivectomie limitée qui permet de réaliser le collage du bracket quand la dent n’est pas suffisamment évoluée. Il pourra aussi aider l’orthodontiste, à la demande du prothésiste, pour l’extrusion d’une dent cassée lorsque son niveau dentaire est infra-osseux.

Non content de tous ces aspects ablatifs, le laser diode sera à notre disposition pour booster la fluoration ou minimiser la sensibilité dentaire. Enfin, il constitue une aide à toutes les petites pathologies buccales comme l’herpès, les aphtes et les diapneusies.

La grande aide pour les orthodontistes dans le futur sera l’aménagement du sourire dans sa partie rose pour permettre l’équilibre de proportions comme le font déjà les orthodontistes étrangers.

D’autres indications comme l’effet antalgique et l’accélération de traitement que nous détaillerons avec une explication plus théorique dans une autre partie sur la photobiomodulation (partie II).

Les critères de choix

Pour nous, orthodontistes, il est essentiel que le dispositif soit facilement transportable. Nous avons besoin de puissance, de facilité de coupe, d’une hémostase pour réaliser les collages et de pouvoir se servir de différentes longueurs d’onde pour adapter le laser à nos besoins (coupe et photobiomodulation)

Depuis maintenant quelques années, les lasers à diode n’ont plus une seule longueur d’onde mais plusieurs.

Si la médecine s’est longtemps servie des longueurs dans le rouge et l’infrarouge, aujourd’hui une longueur d’onde dans les bleus a beaucoup plus d’énergie pour la partie ablative (la variation de la longueur d’onde en fonction des matériels va être entre 435 nm et 480 nm).

Puis, nous aurons pour certains lasers des longueurs d’onde complémentaires de 640 nm à 680 nm à basse fréquence qui permettent de jouer un rôle antalgique.

Enfin, des longueurs d’onde dans l’infrarouge comme le 810 nm ou de 980 nm permettent de réaliser l’accélération de traitement à basse fréquence ou la coupe avec une puissance plus importante en fonction de la qualité du tissu (fibreux, enflammé, sain).

Il est par conséquent intéressant d’acheter non pas un laser diode avec une seule longueur d’onde mais à plusieurs longueurs d’onde permettant ainsi d’utiliser celle nécessaire à l’acte ou bien même la combinaison de plusieurs.

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