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Cocaïne : explosion des passages aux urgences et de la consommation

« Face à ces indices d’aggravation des conséquences sanitaires liées à l’usage de cocaïne dans l’UE et en France, les préoccupations des pouvoirs publics à cet égard deviennent de plus en plus prégnantes. » À l’occasion de la sortie du rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) sur l’évolution de l’offre et de la consommation de cocaïne en France entre 2000 et 2022, Santé publique France interpelle sur l’augmentation de la poudre blanche, « quelle que soit sa forme » et la « démocratisation de son usage ». « Les données montrent une hausse particulièrement forte entre 2021 et 2022 », est-il indiqué dans un communiqué paru le 4 avril.

Entre 2010 et 2022, 23 335 passages aux urgences pour cocaïne ont été enregistrés. Ces derniers concernaient à 75 % des hommes et l’âge médian était de 32 ans. « Les diagnostics de sortie étaient principalement en lien avec une intoxication (65 %), une dépendance (13 %) ou un sevrage (7,5 %) », explique Santé publique France. En douze ans, ce taux de passage a été multiplié par plus de trois, avec de fortes disparités régionales. On remarque ainsi des taux de passage très élevés en Guyane, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie. Une très forte augmentation a aussi été observée en Auvergne Rhône-Alpes, en Bretagne, en Nouvelle Aquitaine, dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté.

Les passages notifiés ont mis en lumière une polyconsommation : 33% de diagnostics liés à une intoxication par alcool, 9,6% aux benzodiazépines (9,6%), 9,5% au cannabis et 4,8% aux opioïdes. Mais les usagers ont également manifesté des troubles cardiaques  (douleur thoracique, palpitations, tachycardie) et psychiatriques (agitation, dépression, anxiété, schizophrénie), complications fréquentes dans la consommation de cocaïne.

Un enjeu de taille

« L’augmentation des intoxications pourrait s’expliquer notamment par la circulation depuis une dizaine d’années d’une cocaïne dont la teneur en principe actif augmente ou encore l’émergence des nouveaux produits de synthèse (NPS) plus puissants et toxiques que la molécule dont ils imitent les effets », signale Santé publique France. Par ailleurs, certains usages, comme une consommation avec alcool, augmente la durée des effets psychoactifs ainsi que la toxicité cardiaque, pouvant ainsi provoquer plus facilement des intoxications.

Ainsi donc, la prise en charge sanitaire des consommateurs de cocaïne est plus que jamais un enjeu de taille. Et elle appelle à une évolution des pratiques professionnelles de façon à mieux repérer ces patients à risque.

Il s’agirait également d’accélérer la recherche de traitements médicamenteux efficaces, « en application des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) », indique l’OFDT. Et de conclure : « Face à l’expansion du marché de la cocaïne, les pouvoirs publics développent des réponses de plus en plus ciblées, en termes de réduction de l’offre (coopération internationale et lutte contre les trafics), comme de prévention, d’accompagnement et de réduction des risques, de prise en charge sanitaire et de soutien à la recherche ».