Dentoscope : Comment votre prothèse dentaire est-elle née ? Y a-t-il eu un élément déclencheur à la conception de votre innovation ?

Jean-David Delprat : Cela a démarré il y a quelques années, avec l’impression de gâchis d’avoir fait un énième bridge mutilant à une jeune femme qui allait se marier, en sacrifiant deux dents saines pour en faire des piliers supportant le bridge. J’ai dessiné une première pièce, puis les autres comme un puzzle qui prend forme. Une première maquette de cette prothèse dentaire a été réalisée manuellement pour vérifier la faisabilité ; le projet 3D Gateway était lancé.

Vous qualifiez votre prothèse dentaire d’innovation de rupture. Quels sont les moyens techniques qui ont permis cette « rupture » ?

Le dessin technique original a été numérisé sur ordinateur, puis décliné en une bibliothèque de pièces 3D adaptées aux logiciels de CFAO dentaire. Un processus de fabrication inédit a été développé, intégrant le fraisage par usineuses, puis la production des pièces via l’impression 3D. L’innovation autour de ce workflow numérique rapproche le praticien du laboratoire, dès la prise d’empreintes par scanner et jusqu’à la collaboration à distance.

Avez-vous consulté des chirurgiens-dentistes pour mettre au point votre prothèse ?

Oui, c’était pour moi incontournable et absolument nécessaire. Sans eux, la 3D Gateway serait restée un simple objet technique. Nous avons testé plusieurs matériaux biocompatibles, plusieurs adhésifs, et conçu avec des chirurgiens-dentistes la notice de pose. Présent pendant plusieurs mois lors des séances au fauteuil, j’ai pris en compte leurs observations, comme le choix du type de fraises pour une préparation précise et efficace. Ils n’ont pas hésité à me confier des cas difficiles, m’obligeant à progresser. Le système a pu s’étendre en englobant couronnes et inlays. Ils étaient demandeurs, et partants pour l’essayer. Le workflow de la 3D Gateway est éprouvé depuis trois ans, mais nous l’améliorons toujours, avec les praticiens.

Quels sont les intérêts de votre innovation prothétique ?

Cette prothèse dentaire est rapide à préparer, simple à poser, peu invasive et très stable une fois en place. Elle exige une production de pièces très fines et des configurations précises à chaque étape du workflow numérique, sur chaque logiciel et sur chaque périphérique. Cette innovation est avant tout un projet humain, né de la rencontre de trois métiers, chirurgien-dentiste, prothésiste et informaticien qui doivent bien se comprendre pour progresser ensemble, gagner en temps et en qualité.

Quelles étapes administratives avez-vous dû franchir avant la mise sur le marché de votre solution ?

Accompagné et soutenu par ma chambre des métiers pendant un an, j’ai suivi un parcours administratif complet, incluant le dépôt d’un brevet français, puis d’un brevet européen, le dépôt de la marque 3D Gateway, tout en respectant les procédures de traçabilité des prothèses réalisées. La Haute autorité de santé (HAS) considère que les bridges collés, et la 3D Gateway en fait partie, représentent des modalités valides de traitement de l’édentement unitaire et peuvent être pris en charge par le système national d’assurance maladie en France (1).

(1) Source : HAS, service d’évaluation des actes professionnels, avril 2016, p. 84.

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