La réforme de l’entrée dans les études de santé a été lancée cette année avec la création des voies d’accès PASS et L.AS. Pour le président de l’Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD), Alexandre Vigne, celle-ci « reste floue avec un manque de communication de la part des facultés, des universités et des instances gouvernementales ». Ce flou se traduit selon le président de l’UNECD par « l’incertitude concernant les modalités de contrôle des connaissances, le tout dans un contexte de crise sanitaire. Les réponses apportées par le gouvernement et les universités sont insuffisantes ».

« Limiter le gâchis humain »

Les fédérations représentantes des étudiants en santé (1) ont publié au mois de novembre un rapport de 30 pages dans lequel elles réaffirment leurs exigences dans l’application de la réforme. Le titre de la première partie donne le ton : « Limiter le gâchis humain en favorisant l’orientation et en facilitant la réorientation ». Trois mois après la rentrée universitaire 2020, « l’objectif de diminution des troubles psycho-sociaux par rapport à la PACES n’est pas atteint, bien au contraire. La crise sanitaire ne facilite pas les choses, et nous en sommes conscients, mais elle ne peut expliquer toutes les dérives que nous constatons ». Les fédérations rappellent en premier lieu l’importance d’assurer une « communication efficiente » entre les différents acteurs locaux de la mise en place de la réforme. Elles estiment d’autre part qu’il faut « réfléchir à la pertinence des voies d’accès proposées et adapter les places offertes selon les souhaits d’orientation des étudiants ». 

Accompagner le développement des tutorats

Dans une seconde partie, les fédérations étudiantes détaillent une série de propositions pour « rendre la première année formatrice et non plus uniquement sélective ». Elles proposent de mettre en place des programmes cohérents en PASS et L.AS, de repenser le premier cycle des études de santé dans sa globalité, d’accompagner le développement des tutorats de toutes les filières et de créer de nouvelles initiatives pédagogiques. Enfin, les étudiants demandent « une sélection plus juste ». Pour cela, plusieurs solutions sont exposées : lancer une réflexion sur des modalités d’examens écrits plus pertinentes, intégrer les étudiants dans les concertations sur les objectifs pluriannuels d’admission et proposer une préparation aux épreuves de sélection de qualité qui ne se repose pas sur les tutorats. 

Le rapport recommande par ailleurs de donner à la réforme les moyens d’être perfectionnée. Établir une circulaire assurant la bonne application de la réforme, obtenir une augmentation de son financement et évaluer son impact sont quelques-unes des requêtes exposées. Enfin, le document rappelle l’importance des dispositifs de soutien psychologique afin de « réduire les risques psycho-sociaux des étudiants ». Dans la grande majorité des UFR, « les étudiants n’ont pas les informations suffisantes pour appréhender leur année. Ils restent sans informations sur le déroulement de l’année, les modalités de sélection ».

(1) ANEMF, ANEPF, ANESF, FNEK, UNECD.