« Un cynisme scandaleux », « On nous prend pour des jambons ». Les syndicats dentaires n’y vont pas de main morte pour critiquer la décision de la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam) d’éviter de payer le reliquat des aides compensatoires accordées aux praticiens pour compenser la perte d’activité du premier confinement, voire d’en récupérer une partie, « au motif que la profession a repris une activité normale en juin 2020″. Dans un communiqué paru le 14 mai sur leur site, les Chirurgiens-Dentistes de France (Les CDF) et l’Union dentaire (UD) dénoncent une « attitude aussi inéquitable qu’injuste ». L’Union dentaire déplore quant à elle « un mépris total » de l’effort fait par les chirurgiens-dentistes « pendant le confinement (gardes effectuées avec des protections récupérées ou “bricolées” pour prendre en charge les urgences dentaires de nos concitoyens) et après le confinement en multipliant les heures pour soigner le retard pris sur les nombreux soins qui n’avaient pas pu être pris en charge pendant le confinement ».

En mars 2020, les syndicats dentaires avaient négocié le versement d’aides financières de l’Assurance maladie pour compenser les charges fixes des cabinets fermés suite aux directives de l’Ordre. Versées sous forme d’acompte mensuel depuis mai en fonction des besoins de chaque cabinet, elles s’élèvent au maximum à 80 % du montant de l’indemnisation réclamée par les praticiens et devaient donner lieu à une régularisation cette année. Mais, alors que celle-ci devait avoir lieu au mois de mai, selon les syndicats dentaires, l’Assurance maladie a décidé de l’asseoir sur l’ensemble de la période. Soit de mai à décembre 2020.

De nombreux praticiens pénalisés

Pour Les CDF, cette « méthode purement comptable, contraire à l’esprit qui a prévalu lors de la mise en place du DIPA et à la volonté de soutien affiché par le gouvernement tout au long de la crise sanitaire » pénalisera de nombreux praticiens. Parmi eux, « ceux qui avaient demandé une aide sur la seule période d’inactivité, qui se verront « régularisés » en incluant une ou des périodes pour lesquelles ils n’ont rien demandé. » « Une régularisation pour verser le solde dû, ou corriger les erreurs déclaratives comme prévu, OUI ! Une régularisation pour récupérer une partie des fonds versés, NON ! », conclut le communiqué.

Furieux de cette décision de l’Assurance maladie, les deux syndicats demandent donc que l’accord verbal avec l’ancien directeur de la Cnam, Nicolas Revel, soit respecté. Ce dernier prévoyait que la régularisation soit calculée pour chaque période et non sur la globalité.