Cela fait déjà bien longtemps que l’on sait qu’une mauvaise santé bucco-dentaire peut compliquer une grossesse, augmentant notamment les risques d’accouchement prématuré, d’hypotrophie fœtale ou encore de prééclampsie. Toutefois, jusqu’ici, on en savait peu sur la prise en compte de ce sujet par les femmes enceintes. Récemment, une nouvelle étude de la Fédération européenne de parodontologie (EFP) a fait la lumière sur ce phénomène. D’après les résultats parus dans la revue Quintessence Publishing, si la plupart des femmes enceintes sont conscientes de l’importance de leur santé bucco-dentaire, le taux de consultation chez le chirurgien-dentiste pendant cette période demeure insuffisant.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont interrogé 212 Françaises dans trois maternités, entre un à trois jours après leur accouchement. Au travers d’un questionnaire soumis de manière aléatoire sur une période de trois mois, ils ont pu évaluer les caractéristiques démographiques, la façon dont ces femmes considéraient leur santé bucco-dentaire, le type de suivi de grossesse et les connaissances au sujet des complications qui pouvaient survenir en cas de maladie parodontale.

Parmi ces femmes, 92 % considéraient la prévention des maladies bucco-dentaires pendant la grossesse comme importante. Mais, en dépit de tout ce que l’on sait de leur impact, 47 % des femmes seulement avaient été suivies par leur chirurgien-dentiste au cours des mois précédant leur accouchement. Pire encore, seules 18 % des femmes avaient discuté de leur santé bucco-dentaire durant leur grossesse avec le professionnel de santé chargé du suivi de cette dernière. L’absence de consultation pendant la grossesse semblait par ailleurs associée à un faible taux de consultation dentaire avant d’attendre un bébé.

« Informer les femmes enceintes lors de la première consultation » 

Il convient donc d’accorder une attention particulière aux femmes dont le suivi dentaire avant la grossesse est irrégulier, insistent les chercheurs. Ces derniers appellent alors à proposer des « stratégies préventives efficaces » pour « permettre le diagnostic précoce de la parodontite et également le traitement des patients concernés afin de réduire le risque associé de grossesse et d’améliorer la qualité de vie liée à la santé bucco-dentaire pendant la grossesse. » « Ces stratégies devraient informer les femmes enceintes lors de la première consultation pour le suivi de la grossesse mais aussi les femmes qui envisagent une grossesse », concluent-ils.

En France, la « gingivite de la grossesse », est un sujet particulièrement pris au sérieux. À tel point que, fin 2020, l’Assurance maladie a mis en place un dispositif de prévention bucco-dentaire des femmes enceintes par l’avenant numéro 3 à la convention nationale des chirurgiens-dentistes. L’objectif étant de sensibiliser les femmes durant cette période « sur la santé bucco-dentaire (hygiène orale, hygiène alimentaire, prévention de la carie de la petite enfance) et le recours au chirurgien-dentiste ».