On connaît depuis longtemps le lien entre santé bucco-dentaire et diabète. En août 2021, une étude japonaise a fait le lien entre détérioration de la santé buccale, perte de masse et de force musculaire squelettique et une hyperglycémie. Aujourd’hui, des travaux publiés dans la revue Archives of Oral Biology expliquent pourquoi les dents des diabétiques sont plus sensibles. Cette pathologie réduirait la résistance de l’émail et de la dentine des personnes qui en sont atteintes.

« Nous constatons depuis longtemps des taux élevés de formation de caries et de perte de dents chez les patients diabétiques, et nous savons depuis longtemps que les traitements tels que les obturations ne durent pas aussi longtemps chez ces patients, mais nous ne savions pas exactement pourquoi« , explique en préambule Mohammad Ali Saghiri, l’un des auteurs de l’étude.  

Pour en arriver à leur conclusion, les chercheurs ont inoculé du diabète de type 1 à des souris, qu’ils ont comparées à des rongeurs en pleine santé. Ils ont ainsi pu constater qu’en à peine 12 semaines, l’émail des souris malades était devenu plus mou que celui du groupe témoin. Il a continué à se ramollir tout au long de l’expérience. Tout comme la dentine.

« Un besoin pressant de traitements »

« La population de personnes atteintes de diabète augmente de plus en plus, poursuit Mohammad Ali Saghiri. Il y a un besoin pressant de traitements qui permettront aux patients de garder leurs dents en bonne santémais cela n’a pas été un domaine de recherche majeur » jusqu’à présent. Étonnant quand on sait que 225 millions de personnes sont atteintes de diabète dans le monde. Elles ont des problèmes de régulations d’insuline, hormone normalement naturellement sécrétée par le pancréas (les diabétiques de type 1 sont insulino-dépendants et les diabétiques de type 2 insulino-requérants).

En France, près de 4 millions de gens seraient atteints de diabète. Parmi eux, 92 % souffriraient de diabète de type 2. Cette maladie peut entraîner des maladies cardiovasculaires (risques d’infarctus ou d’AVC majorés), des difficultés à cicatriser, des troubles de la vision, une insuffisance rénale et également donc des problèmes au niveau des dents. Selon la Fédération Française des diabétiques, ces derniers sont plus susceptibles de souffrir de caries, de plaque dentaire, de gingivite ou même de parodontite.

En 2017, des chercheurs japonais ont évalué la fonction masticatoire de 365 adultes âgés de 40 à 74 ans, vivant dans la ville rurale d’Onan, située à l’ouest de l’archipel. Après ajustement de tous les facteurs de confusion, ils ont remarqué qu’un faible niveau de fonction masticatoire et un faible nombre de dents restantes étaient largement associés à une diminution de la force de préhension, à une éventuelle sarcopénie et à une probabilité plus élevée de développer un diabète. « Nos résultats suggèrent que l’amélioration de la santé bucco-dentaire, y compris le maintien de la fonction masticatrice et des dents restantes, peut contribuer à la prévention de la sarcopénie et du diabète sucré chez les personnes âgées », concluait l’étude.