Deux études pilotées par l’Inserm, publiées dans The BMJ et Nature Communications, ont étudié l’exposition à des additifs utilisés pour mieux conserver les aliments. Ces travaux reposent sur les données de plus de 100 000 adultes français suivis entre 2009 et 2023 dans la cohorte NutriNet-Santé. Les chercheurs ont évalué l’exposition aux additifs alimentaires conservateurs, identifiés par les codes E200 à E399, après croisement avec plusieurs bases de données alimentaires.
Additifs alimentaires associés à une augmentation du risque de cancer
Les résultats indiquent qu’une consommation plus élevée de conservateurs est associée à une augmentation du risque de cancer et de diabète de type 2, après ajustement sur de nombreux facteurs confondants. Certains additifs ressortent de manière significative, notamment le nitrite de sodium (E250), associé à une augmentation de 32 % du risque de cancer de la prostate. Les sorbates, sulfites et acétates sont également associés à une hausse du risque global de cancer. Les auteurs évoquent un possible « effet cocktail », lié à l’exposition concomitante à plusieurs additifs.
Risque de diabète et implications en santé publique
Les études montrent qu’une consommation élevée d’additifs conservateurs est associée à une augmentation du risque de diabète de type 2 allant jusqu’à 47 %, en particulier pour certains conservateurs non antioxydants et antioxydants couramment utilisés. Selon Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm, il s’agit des premières études de cette ampleur explorant ces associations.
S’appuyant sur ces données, Foodwatch, aux côtés de la Ligue contre le cancer et de Yuka, appelle à des mesures de prévention renforcées, notamment l’interdiction des nitrites ajoutés et de l’aspartame, via une pétition ayant recueilli plus de 500 000 signatures. Pour les professionnels de santé, ces résultats confortent les recommandations visant à limiter les aliments ultra-transformés et à privilégier une alimentation plus simple et moins exposée aux additifs.











