Dans un cabinet dentaire, l’aménagement doit être pensé de façon à prendre en compte les différentes contraintes techniques, sanitaires et hygiéniques obligatoires. En plus des mesures appliquées aux patients et au personnel, le choix des matériaux, notamment le revêtement de sol, qui occupent une grande surface du cabinet et impactent directement l’hygiène globale, est très important pour le respect des normes d’asepsie.

Si l’offre de sols était encore limitée il y a quelques années, de plus en plus de revêtements créatifs permettent aujourd’hui d’allier asepsie et esthétique, répondant à une demande croissante des professionnels. « Depuis plusieurs années, les dentistes s’intéressent de plus en plus à la décoration, en particulier tout ce qui porte sur l’ergonomie, la technique et l’esthétique, confirme Alexandra Keepfer, designer d’espaces. C’est compréhensible : leur cabinet est leur outil de travail, puisqu’ils y passent la journée. C’est aussi un outil marketing, car la décoration, sols compris, peut faire une vraie différence pour que...

les patients s’y sentent bien. »

Mais choisir un revêtement de sol n’est pas si simple, puisque cet aménagement nécessite de tenir compte de règles et de normes strictes, tout en conciliant durabilité, design et confort pour le patient.

Quel revêtement de sol choisir au cabinet ?

Si le carrelage a longtemps été privilégié, de nouveaux matériaux ont désormais le vent en poupe : revêtements thermoplastiques, en résine, vinyliques, parquet, béton ciré… Mais attention : quel que soit le sol que vous choisirez, il devra respecter des contraintes de désinfection et d’hygiène, et être résistant à l’usure et aux produits désinfectants bactéricides et virucides.

Dans leur rapport Hygiène et prévention du risque infectieux en cabinet médical ou paramédical, la Haute Autorité de santé (HAS) et la Société de formation thérapeutique du généraliste (SFTG) recommandent pour toutes les surfaces, en particulier dans les zones protégées du cabinet, d’opter pour des revêtements lessivables lisses, non poreux, faciles à nettoyer et ne présentant pas ou peu de joints. Il est également stipulé que le carrelage, avec des joints plats et étanches qui peuvent devenir poreux, doit être évité, comme l’emploi du bois et du liège ou la pose de moquettes et de tapis.

Les sols en PVC et les linoléums répondent particulièrement bien à ces exigences, parce qu’ils peuvent être posés en lames soudées à chaud, réduisant ainsi le nombre de joints. De plus, leur souplesse permet de les faire remonter en arrondi sur les murs pour plus d’étanchéité. Les joints ne sont alors plus nécessaires au niveau des plinthes et l’entretien est grandement facilité. Le carrelage rectifié, qui présente des bords parfaitement droits et donc des joints extrêmement fins, avec un rendu lisse, permet quant à lui d’éviter le problème de joints du carrelage classique et peut être utilisé dans le cabinet. Trop poreux, le parquet est en revanche contre-indiqué dans les salles de soins. Vous pouvez toutefois choisir d’en poser dans votre salle d’attente, en privilégiant un parquet huilé à un stratifié. « Si un praticien veut vraiment du bois, on peut aussi contourner le problème en imaginant par exemple un chemin en bois allant de la salle d’attente au bureau, avec ensuite la partie centrale en linoléum ou une inclusion de carrelage à l’endroit où se trouve le fauteuil, détaille Valérie

Benacin, décoratrice d’intérieur, spécialisée dans les cabinets dentaires. Mais le cabinet n’est pas un appartement, on n’a pas à y retrouver du bois, selon moi. Je privilégie donc le béton ciré, le carrelage et le linoléum, qui remplissent tous les critères exigés. »

Les normes et règles à respecter

Au moment du choix du revêtement de sol, il est également nécessaire de prendre en compte les normes NF UPEC conformes aux spécifications des normes européennes NF EN 649 à NF EN 655. Le classement UPEC correspond à l’Usure (la marche), le Poinçonnement (chute d’objets, déplacement de meubles, chaises à roulettes, engins de manutention), l’Eau (comportement à l’eau) et la Chimie (résistance aux tâches et agents chimiques).

Les revêtements utilisés doivent en effet être adaptés à un usage intensif pour pouvoir résister au passage des nombreux patients et répondre à des règles d’hygiène indispensables, notamment un nettoyage et une désinfection fréquents, voire immédiats en cas de souillures. Comme le précise le Guide de prévention des infections liées aux soins en chirurgie dentaire et en stomatologie de 2006, l’ensemble des surfaces de la salle de soins peuvent être contaminées « de façon plus ou moins importante par des micro-organismes issus des patients, des intervenants et des matériels (contacts manuels, projections, aérosols provoqués par les turbines…) ». Cette contamination constituant un réservoir susceptible de jouer un rôle dans la contamination croisée, il convient de mettre en œuvre des procédés pour limiter ce risque.

Le rapport Hygiène et prévention du risque infectieux en cabinet médical ou paramédical préconise d’effectuer l’entretien des sols, comme du mobilier, une fois par jour, en commençant par les pièces administratives (secrétariat, salle d’attente, couloirs), puis le bureau du praticien, les salles de soins, les toilettes et le local d’entretien. Le principe étant d’aller du plus propre vers le plus sale. Dans chaque pièce, l’entretien s’effectuera du haut vers le bas : éléments suspendus, surfaces, matériel médical, évier et lavabo, toilettes, déchets, et enfin, sol.

Différencier les espaces

Si le sol de la salle de soins a beaucoup plus de contraintes que celui de la salle d’attente, des couloirs ou de l’accueil, il est tout à fait possible, pour optimiser la décoration de votre cabinet dentaire, de choisir un revêtement de sol différent en fonction des espaces, en accordant une attention particulière à la salle d’attente, véritable vitrine du cabinet.

« Je fais toujours en sorte que l’entrée et les lieux de circulation soit très beaux, avec du béton ciré ou du carrelage impression béton ciré, explique Valérie Benacin. Les salles de soins sont à part, il n’y faut pas de décoration : je joue sur les effets de couleur avec du linoléum. Mais il n’y a pas de règle générale. Il faut choisir un revêtement en adéquation avec l’image de son cabinet et trouver un équilibre, qui dépend aussi des coûts. Par exemple, on peut poser un très beau revêtement dans la partie circulation et s’orienter ensuite sur du linoléum impression béton ciré dans les autres espaces. Si vous faites une décoration bien pensée autour d’un linoléum, avec l’équilibre du mobilier, le rendu sera très beau. »

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