Il s’agit de prendre du recul. Quel praticien ambitionne-t-on de devenir ? Quelle considération souhaite-t- on apporter au patient que l’on soigne ? Il convient donc de s’interroger sur son rapport à l’autre. Pour cela, il faut élargir son champ de vision. Et surprise ! Autour de la dent, se dessine une bouche, un visage, un corps, une identité. Cette considération est établie et s’exprime à travers le questionnaire du premier rendez-vous. Objectif : obtenir des informations médicales. Mais qu’en est-il du reste ? Bruno Delcombel exerce depuis plus de 37 ans et a fondé la société de formation Dent l’hypnose. « Bien entendu, si le patient est fumeur, je vais envisager les soins de paro différemment, s’il est sous Kardégic, j’anticiperai de probables hémorragies.

Mais je pose aussi des questions qui ne concernent pas que l’état physiologique. » Exemple : Quelles sont vos craintes ? « S’il répond « Tout », on sait à quoi s’attendre… S’il répond « Aucune » ce n’est pas mieux, car cela signifie qu’il est dans le...

déni… Peu importe, j’aurais obtenu une information sur cette personne. »

Les origines de la PNL

C’est en 1975 que Richard Bandler et John Grinder ont mis au point leur méthode, après des travaux communs. Ils l’ont appelée PNL.

  • P pour programmation : car nos expériences vécues nous font mettre en place des programmes, des mécanismes de fonctionnements.
  • N pour neuro : car il existe une codification de ces mécanismes qui va s’opérer dans notre cerveau.
  • L pour linguistique : car ces mécanismes et habitudes s’expriment par l’intermédiaire de notre langage, qu’il soit verbal ou non verbal.

93 % de la communication passe par le non-verbal

Le Dr Delcombel invite les praticiens à s’appuyer sur l’hypnose médicale. Pour lui, il s’agit d’un outil au service du chirurgien-dentiste qui débloque les relations interpersonnelles et donne plus d’humanité à la relation  » Docteur-Patient « , « il faut être sympathique mais pas trop car on doit rester professionnel, empathique mais pas trop car autrement si un patient souffre on souffre aussi, alors il faut être hypnotique ! » Pour mieux connaître une personne, la seule solution est de l’observer et de l’écouter. « Quand on sait que 93 % de la communication passent par le non-verbal, mieux vaut ouvrir l’œil ! S’il s’agite, s’il regarde ce que je fais, s’il ferme les yeux, s’il veut cracher… tous ces comportements donnent des indications sur l’état d’esprit du patient. » Autre leitmotiv de notre hypnothérapeute, le combat contre les préjugés. Car nul ne peut s’y soustraire, le premier regard posé sur une personne entraîne inévitablement un jugement. « Il faut en avoir conscience et lutter contre. Notamment en saisissant toutes les attitudes et les paroles que nous off e le patient pour parvenir à dépasser ces présupposés. Le risque est de se laisser emporter par son jugement et de commettre une faute de communication. » Par exemple, en infantilisant (involontairement bien sûr) un homme à l’allure juvénile et hésitant mais qui professionnellement, dirige une entreprise et cherche le respect de ses collaborateurs au quotidien. Ou, en sous-estimant le désir de soins esthétiques d’une jeune femme au look négligé et désinvolte…

Ennéagramme, Késaco ?

L’Ennéagramme est une classification des comportements humains, forgée au début du 20e siècle. Il s’agit d’une typologie décrivant neuf types et correspondant à neuf motivation a fondamentales, elles-mêmes liées à neuf évitements fondamentaux. Le principal but de cet apprentissage est de mieux se connaître afin d’améliorer la qualité de ses relations en apprenant à mieux connaître l’autre. L’ennéagramme permet de lever des voiles, de découvrir des comportements automatiques, de prendre du recul et donc d’être capable de porter un regard plus affûté sur les comportements qui nous régissent.

Comprendre les ressorts internes d’une personne

Qui est véritablement celui qui est en face de nous ? Plusieurs classifications tentent de répondre à cette question. L’une d’entre elles, l’ennéagramme distingue neuf profil . « En fonction de ces derniers, explique Nicolas Pène spécialiste en ennéagramme et connaissance de soi, on peut comprendre les ressorts internes d’une personne ; on appréhende les mécanismes inconscients qui régissent son fonctionnement. » Ce professionnel établit également une différenciation entre trois formes d’intelligence, « la mentale, l’émotionnelle et l’instinctive. Avec un test de seulement quelques minutes proposé au premier rendez-vous, on pourrait définir celle qui correspond le mieux à notre interlocuteur et donc, ajuster sa communication. » Exemples : à une intelligence mentale, on parlera avec logique, « ces implants en zircone permettront de poser des prothèses céramiques qui donnent la possibilité d’avoir la même teinte que les autres dents ».

« Il ne sert à rien de bien connaître les autres si on ne se connaît pas soi-même. Car si notre comportement influence celui de l’autre, l’inverse est également vrai…»

À une intelligence émotionnelle, on projettera des images, « avec ce traitement, vous allez retrouver un beau sourire, cela va changer votre quotidien ». Nicolas Pène rappelle également l’importance de la synchronisation. Verbale, en reprenant les mêmes termes que ceux employés par le patient « et surtout sans reformuler dans un jargon médical ses propos », mais aussi posturale « en se penchant en avant en effet miroir, en croisant les mains en même temps, etc. Cette synchronisation nourrira de manière inconsciente un lien de confiance. »

En conclusion, le spécialiste des profil ges insiste sur une idée. Un écueil qui concerne de nombreuses techniques de communication : « s’oublier soi-même… il ne sert à rien de bien connaître les autres si on ne se connaît pas soi-même. Car si notre comportement influence celui de l’autre, l’inverse est également vrai…»

L’hypnose

Elle a le vent en poupe depuis ces dernières années, mais en réalité l’hypnose médicale est très ancienne, puisqu’elle était utilisée pour le soin dans les sociétés occidentales il y a déjà 200 ans. L’hypnose médicale se définit par un état de conscience particulier, qui n’est ni un état de sommeil, ni un état de veille. Par la parole, le praticien induit l’hypnose chez son patient. Celui-ci devient alors indifférent à l’extérieur. Cet état de conscience hypnotique peut être utilisé pour lutter contre l’anxiété, pour diminuer la douleur, voire pour faire disparaître des symptômes.

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