En tant que chirurgien-dentiste, il est logique que vous souhaitiez utiliser des équipements de pointe pour traiter vos patients. La technologie ne cessant de s’améliorer, il est essentiel que votre cabinet suive le rythme de ses avancées. Travailler avec des équipements obsolètes peut en effet entraver votre productivité, diminuer la confiance des patients dans vos capacités et entraîner des erreurs susceptibles d’affecter la réputation de votre cabinet.

Mais les coûts liés à l’ouverture d’un nouveau cabinet dentaire, tout comme l’achat de nouveaux équipements au cours de sa vie, peuvent être prohibitifs. Ils s’accompagnent souvent d’une réduction immédiate et sensible de la trésorerie disponible, qui peut représenter un véritable défi comptable, d’autant plus si vous disposez d’un capital de départ limité. De plus, acheter constamment de nouveaux matériels peut également s’avérer imprudent : compte tenu des progrès constants en matière d’équipement et de technologies, vous courez le risque de vous retrouver avec du matériel précocement obsolète.

Que vous soyez mal à l’aise avec l’achat sans réserve de nouveaux appareils, que vous ne disposiez pas de la trésorerie nécessaire ou que vous ne souhaitiez tout simplement pas investir immédiatement, la location est peut-être la solution qu’il vous faut.

Les équipements disponibles à la location

Vous pouvez louer presque tous les équipements de votre cabinet : appareils à rayons X, fauteuils dentaires, chariots dentaires, etc. Cela s’applique particulièrement au matériel qui présente un facteur d’usure élevé. Vous ne devriez par...

exemple jamais acheter des appareils de stérilisation et des systèmes informatiques, car leur facteur d’usure est très élevé. C’est pourquoi recourir à la location financière ou au leasing pour ces équipements peut être une solution de choix.

Cependant, des équipements comme les unités dentaires et les appareils à rayons X auront probablement une durée de vie d’environ quinze ans. Au cours de cette période, ils risquent de finir par vous coûter plus cher en réparation et en maintenance que s’ils avaient été loués, puis mis à jour au rythme des évolutions technologiques. Ce point est important, car il est dans votre intérêt, du point de vue de la concurrence, d’être perçu comme mettant régulièrement à jour l’équipement de votre cabinet. Pour vos patients, c’est également l’assurance que votre cabinet est véritablement à la pointe de la profession.

Cette approche peut d’ailleurs également s’appliquer à vos meubles et accessoires, pas nécessairement parce qu’ils sont susceptibles de s’user, mais parce que dans l’environnement concurrentiel actuel, conserver l’aspect élégant et moderne de votre cabinet est tout aussi important vis-à-vis de vos patients que les performances de votre matériel dentaire.

« Il est possible de quasiment tout louer, sauf les logiciels, même si là aussi, les banquiers tolèrent une enveloppe : si vous achetez cinq ordinateurs et un logiciel, ils vont accepter la location globale, tant que le logiciel ne représente pas plus de 10 % du prix de l’ensemble, explique Robert Maccario, dirigeant du groupe Efficience-dentaire. Certaines sociétés ont aussi mis en place des leasings sur de petits montants. Il ne faut pas oublier que dans le leasing, il y a trois parties : la banque, l’acheteur et le fournisseur. Le banquier accorde donc autant d’importance au fournisseur qu’au dentiste. Je me souviens d’une discussion avec un fournisseur qui me disait disposer d’une enveloppe de crédit de 5 millions d’euros. Il peut donc prêter ce qu’il veut à qui il veut et la banque ne cherchera pas à discuter. »

Les avantages à louer du matériel dentaire

La location de matériel dentaire peut-elle vraiment donner à votre cabinet un avantage concurrentiel ? Une chose est certaine, elle présente plusieurs avantages : vous disposez toujours de matériel de pointe, vous pouvez limiter vos dépenses mensuelles et vous n’avez pas à faire d’important investissement initial.

Si un contrat de location d’équipement dentaire peut durer à peine un an, sa durée moyenne est généralement de deux à cinq ans. À la fin du contrat, vous pouvez, si vous le souhaitez, rendre l’ancien équipement à l’organisme de financement et passer à un tout nouveau modèle dans le cadre d’un autre contrat de location. Ce procédé permet ainsi à votre cabinet dentaire de rester à la pointe de la technologie, en vous donnant la possibilité de mettre à niveau plus fréquemment ces équipements. Cet aspect est d’autant plus important qu’à chaque utilisation, la valeur d’un appareil dentaire va diminuer rapidement. À titre d’exemple, une voiture neuve perd la moitié de sa valeur après seulement trois ans d’utilisation régulière. Il n’en va pas différemment des équipements de votre cabinet. Afin de minimiser le risque de devoir faire face à un équipement dentaire obsolète et coûteux, il est donc conseillé de le louer. Autre argument en faveur de la location, afin de fournir le meilleur service à vos patients, il est impératif que vous utilisiez les meilleurs équipements. Certes, l’option d’achat pour ce type d’équipement est disponible, mais que se passe-t-il lorsqu’il devient périmé ou obsolète ?

La question financière est également centrale dans le choix de recourir ou non à la location. Ainsi, avec un crédit-bail, vous n’êtes généralement pas tenu de verser un acompte, ce qui permet à votre cabinet de louer des équipements coûteux, comme un nouvel appareil à rayons X, juste après avoir effectué votre première mensualité. Les frais d’entretien sont également réduits, puisque l’organisme de financement est techniquement propriétaire de l’équipement. Comme il souhaite le maintenir en bon état, il couvrira les frais d’entretien et de réparation dans le cadre de votre contrat. Autre point intéressant, les loyers de la location financière comme du leasing sont entièrement déductibles de votre bénéfice imposable.

Des inconvénients au cas par cas

Bien que les coûts initiaux de location d’équipement dentaire représentent un moindre investissement initial, les coûts à long terme peuvent finir par être plus élevés que l’achat direct. Comme pour toute location, vous aurez toujours à vous acquitter de paiements, alors que ceux-ci cessent une fois que vous avez remboursé votre prêt dans le cadre d’un crédit. C’est donc une décision qui vous revient, à prendre en considérant les moyens dont vous disposez, et les besoins de votre cabinet.

Selon le type de matériel, la location peut également s’avérer contre-productive. Ainsi, si vous décidez d’investir 1 000 euros dans une tablette informatique, sa durée d’amortissement étant de trois ans, l’acheter en leasing n’aura aucun intérêt.

Ne pas avoir la possibilité d’effectuer des modifications sur l’équipement ou des réglages au-delà des paramètres d’usine, car vous devez le rendre à la fin du contrat de location, peut aussi être un facteur limitant. Vous devez en effet respecter les règles de la société de financement en matière d’entretien et de réparation, et ne pourrez donc pas engager n’importe qui pour réparer le matériel en cas de panne, par exemple.

Enfin, le remboursement d’une location n’augmente pas directement la valeur de votre cabinet, puisque vous ne serez pas propriétaire de l’équipement à la fin de votre contrat, ni ne serez en mesure de le vendre en même temps que votre cabinet, si telle était votre intention. Cependant, la location financière ou le crédit-bail peuvent augmenter indirectement la valeur de votre cabinet. Vous offrez en effet une meilleure expérience avec un équipement amélioré, ce qui peut conduire un plus grand nombre de patients à venir vous consulter. Par ailleurs, la location de matériel reste un moyen sûr d’éviter sa dépréciation, de réduire les coûts de maintenance et de vous assurer que vous restez en tête de la concurrence, en renouvelant régulièrement votre équipement et vos installations.

Crédit-bail, location financière : de quoi parle-t-on ? Avec le crédit-bail, vous devenez locataire de votre matériel en vous acquittant d’un loyer qui peut être mensuel, trimestriel ou annuel. Il s’agit d’une opération tripartite entre vous, le fournisseur du matériel et l’organisme prêteur. À la fin de la période de location, vous avez la possibilité de renouveler le contrat, de rendre le matériel ou d’en devenir propriétaire. Les loyers versés dans le cadre du crédit-bail sont entièrement déductibles de votre bénéfice imposable. Son fonctionnement est identique à celui du crédit-bail : vous payez un loyer pour le matériel loué dans le cadre d’une opération tripartite, à la différence que l’organisme prêteur n’est pas obligatoirement un établissement de crédit. De plus, il n’existe pas d’option d’achat dans le contrat : à son terme, vous devez restituer le matériel. Comme le crédit-bail, la location financière, comptabilisée en charge et non en investissement, est déductible de votre bénéfice imposable.

Optimiser l’impact fiscal de la location de matériel

Les conseils de Robert Maccario

« Lorsque vous souhaitez dégager des frais en fin d’année, deux solutions s’offrent vous : acheter du consommable ou faire un leasing avec un premier loyer majoré. Imaginons par exemple que vous projetiez d’acheter un appareil à 7 000 € en prenant un crédit sur sept ans, au 1er décembre. Le prix du crédit sera divisé par sa durée, soit 1 000 € par an. Le matériel ayant été acheté en décembre, vous pourrez seulement amortir 1/12e de ces 1 000 € et donc déduire 90 € pour cette année. En revanche, si vous achetez ce matériel à 7 000 € en leasing, vous pouvez demander un premier loyer majoré de 15 %, soit 1 050 € pour le mois de décembre, qui seront déductibles. Cependant, les comptables recommandent de ne pas abuser du système. Ainsi, si vous souhaitez amortir un appareil de radio dentaire sur sept ans et envisagez de le payer en leasing sur deux ans, il y a de grandes chances pour que votre comptable vous dise non. Il existe en effet une marge raisonnable qu’accepte l’administration fiscale, généralement de quatre ans pour sept ans, cinq ans pour dix ans, etc. »

Cet article est réservé aux abonnés.