Pensez-y dès votre installation

Il serait sage, dès le début de sa carrière, de mettre de l’argent de côté. « La pension de retraite représentera 30 % des revenus en activité, explique M-H.F, chirurgien-dentiste et membre du conseil d’administration de la CARCDSF (Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages- femmes). Si le chirurgien-dentiste veut maintenir son train de vie, il n’a pas d’autre choix que de prévoir des compléments. »

L’immobilier, la valeur sûre

Des revenus locatifs
Avoir payé la totalité de ses traites pour votre résidence principale et votre cabinet semble un pré-requis pour partir à la retraite en toute sérénité. Beaucoup d’entre vous ont choisi de ne pas en rester là et d’investir dans l’immobilier locatif.

La possibilité de défiscaliser
Plusieurs dispositifs génèrent des réductions importantes d’impôts.
– La Loi Pinel de 2015 permet de déduire de l’impôt un pourcentage du prix d’un bien immobilier neuf : 12 % pour une location de six ans, 18 % sur 9 ans, 21 % sur douze ans. Elle autorise de louer son bien à ses proches et sa famille.

– Le dispositif Malraux s’adresse, quant à lui, aux investisseurs fortement imposés qui souhaitent acquérir un bien ancien à rénover, situé...

généralement dans des centres villes historiques et permet de réduire 22 % à 30 % du montant des travaux, dans la limite de 400 000 € sur quatre ans. Le bien doit être loué dans les douze mois qui suivent la fin des travaux, mais jamais à des proches.

La gestion confiée à autrui
Si vous souhaitez vous épargner les problématiques de gestion locative, vous pouvez accéder au statut de LMNP (Loueur en meublé non professionnel) en achetant un appartement dans des résidences de service (tourisme, seniors, étudiants…), vous passerez un bail commercial avec une société qui assurera la gestion de votre bien et vous versera les loyers. Autre solution : investissez dans une SCPI (Société civile de placement immobilier), vous aurez alors des parts et non un bien immobilier en direct. Les loyers seront redistribués au prorata des parts détenues. Dans tous les cas, assurez-vous de la fiabilité sur le long terme de votre gestionnaire.

Osez les placements financiers

Les banques et les compagnies d’assurance vous proposeront une multitude de dispositifs pour faire fructifier vos placements, n’hésitez pas à les comparer, à analyser les frais d’entrée, de gestion, leur fiscalité, les rendements en fonction de vos versements.

L’Assurance Vie
C’est peut-être le premier outil de l’épargne, quasiment sans risques, à mettre en place dès le début de votre activité. Votre épargne est mobilisable, et nette d’impôt après huit ans d’ouverture.

Le plan d’épargne en actions
Ce placement, dont les plus-values sont exonérées, est destiné aux épargnants actifs en bourse et permet de constituer un pécule qui, au bout de huit ans, peut être perçu sous forme de rente viagère exonérée d’impôt sur le revenu.

Le contrat de retraite Madelin et/ou le PERP
Le premier présente l’avantage de déduire les cotisations de votre bénéfice et débouche sur le versement d’une rente au moment de la retraite, tandis que le second permet une sortie en capital à hauteur de 20%.

L’épargne salariale
Si vous avez au moins un salarié, vous pouvez mettre en place deux types de dispositifs qui bloquent les sommes versées pendant cinq ans pour le Plan d’épargne entreprise (PEE) et jusqu’à la retraite pour le Plan d’épargne retraite collective (Perco). Les salariés et le ou les chirurgiens-dentistes effectuent des versements libres, plafonnés – en 2018 – à 3178€ par an pour le PEE et à 6357€ par an pour le Perco complétés sous forme d’abondement de 0 à 300 % (plafonné) par le cabinet. Les sommes versées par l’entreprise sont exonérées d’impôt sur le revenu.

Estimez votre pension de retraite

Le relevé de situation individuel
À partir de vos 35 ans, tous les 5 ans et jusqu’à vos 50 ans, le Groupement d’intérêt public Info Retraite vous envoie un relevé de situation individuel (RIS) qui récapitule les trimestres travaillés et les points acquis correspondants. C’est l’occasion de vérifier que tout votre parcours a été pris en compte. Si ce n’était pas le cas, il vous faudra contacter les organismes auxquels vous étiez affilié pour faire rajouter les périodes manquantes. Ensuite, l’année de vos 55, 60 et 65 ans, vous recevrez une estimation de votre pension de retraite.

Le rendez-vous avec la caisse de retraite
Afin d’avoir plus de précisions, en quelques clics, vous pouvez prendre rendez-vous pour un entretien personnalisé avec la CARCDSF, sur place, par téléphone ou visioconférence. « Depuis mars 2018, nous avons lancé un service de prise de rendez-vous en ligne, les profesionnels peuvent choisir la date et l’heure », explique Fatima Geraldo, responsable du service allocataire à la CARCDSF.

La cession du cabinet : un bonus

Force est de constater que la cession du cabinet n’est guère rémunératrice. En effet le nombre de chirurgiens-dentistes partant à la retraite est supérieur aux jeunes désirant s’installer. Le rachat de patientèle est aujourd’hui de l’ordre de 20% à 25 % du chiffre d’affaires moyen des trois dernières années. Les murs peuvent être vendus à part. À vous d’étudier le marché et de choisir la meilleure option. Le package bon marché incluant vente des murs, patientèle et matériel peut être une solution. Si vous ne trouvez pas de repreneur, vous pourrez transformer votre cabinet en appartement de location. Si vous exercez en groupe, vous tirerez mieux votre épingle du jeu et attirerez davantage les repreneurs qui apprécieront de pouvoir bénéficier de la pratique des anciens et de l’expérience de gestion d’un cabinet.

Et si vous gardiez une activité…

Depuis 2011, vous pouvez cumuler une activité rémunérée avec une retraite (cumul emploi-retraite) à condition d’avoir liquidé l’ensemble des droits, tous régimes confondus, et d’avoir une retraite à taux plein dans le régime de base. Dans le cas contraire, vous serez soumis à un plafond de bénéfices (39 732 € en 2018 soit le plafond annuel de Sécurité sociale). « Nous encourageons les chirurgiens-dentistes à nous consulter avant d’arrêter toute décision », témoigne Fatima Geraldo. Ils devront vérifier l’intérêt financier de poursuivre une activité. En effet, les chirurgiens-dentistes retraités cumulant un emploi continuent à cotiser obligatoirement à la CARCDSF sans générer de nouveaux droits. Ils sont également soumis à des cotisations fiscales.


Les droits de l’assuré

Trois régimes de retraite
La retraite provient des cotisations versées à trois régimes obligatoires : le régime de base (RBL), le régime complémentaire (RC) et le régime « prestations complémentaires de vieillesse (PCV) » (réservé aux professionnels conventionnés).

Attribution de points
Pour chacun des trois régimes et selon un mode de calcul spécifique, un nombre de points est attribué chaque année au prorata des cotisations acquittées et en fonction des tranches de revenus.

Mode de calcul
Nombre de points acquis X valeur du point

Décôte en cas de pension minorée
1,25 % par trimestre manquant pour le régime de base, décôte en fonction de l’année de naissance pour les autres régimes.

Majoration pour enfant élevé
10 % pour les affiliés ayant eu au moins trois enfants, majoration appliquée sur les deux régimes complémentaires.

Avantages pour les hommes
5 trimestres validés en supplément si service militaire effectué.

Avantages pour les femmes
– Huit trimestres supplémentaires validés par enfant,
– Possibilité de faire valoir ses droits au régime complémentaire par anticipation et sans minoration.

Les droits du conjoint

Pension du conjoint collaborateur
Depuis 2007, les conjoints collaborateurs ont droit à une pension de retraite, sur la base de leurs cotisations au régime de base et au régime complémentaire, calculées à partir sur un certain pourcentage du revenu du chirurgien-dentiste.

Pension de réversion en cas de décès
54 % de la pension du régime de base de l’assuré décédé sous certaines conditions :

  • être ou avoir été marié avec l’assuré
  • avoir 55 ans (51 ans si décès avant le 1/1/2009)
  • ne pas dépasser des plafonds de ressources

Si la veuve n’est pas remariée et sous certaines conditions, elle bénéficie automatiquement de 60% des régimes complémentaires.


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