Détecter les (mauvais) candidats dès l’entretien

 

D’après un sondage mené auprès de recruteurs, plus du tiers savent dès les cinq premières minutes d’entretien si un candidat correspond au poste à pourvoir… Pour passer à plus de 70 % au bout de 15 minutes. Comme eux, sachez détecter ces signes qui ne trompent pas.

Par Guylaine Masini, publié le 28 novembre 2016

Détecter les (mauvais) candidats dès l’entretien

Un entretien d’embauche ressemble de près à un premier rendez-vous très attendu qui peut basculer du statut de possibilité pleine de promesses (celles d’un cabinet mieux organisé, de journées sereines…) à celui de fiasco en quelques minutes à peine. Certains comportements rédhibitoires, essentiellement dans le langage corporel des candidates sont à reconnaître pour ne pas aller plus loin dans le processus de recrutement et détecter un mauvais candidat.

Les expressions du visage, la position face au recruteur, l’attitude générale peuvent en révéler plus sur les candidates que tous les mots rassurants qui sortent de leur bouche. « Réussir l’entretien d’embauche ne dépend pas seulement des réponses aux questions de votre interlocuteur »,explique Rosemary Haefner, Vice-Présidente des Ressources Humaines chez CareerBuilder. « Cela dépend aussi de ce que votre langage corporel lui apprend sur vous. Les employeurs sont à l’affût de ces indices non-verbaux qui révèlent le niveau de professionnalisme du candidat ainsi que son adéquation avec le poste. » Voici les dix attitudes à repérer et qui doivent nous alerter pour détecter un mauvais candidat :

Le manque de contact visuel

« Quand les yeux disent une chose et la langue une autre, un homme expérimenté se base sur le langage des premiers. » affirme Ralph Waldo Emerson ! Le manque de contact visuel inquiète. De nombreuses et anciennes études ont, par exemple, montré que le manque de contact visuel chez les jeunes enfants peut être un signe précurseur d’autisme. Se regarder reste donc primordial pour établir une connexion sociale et pour engager la confiance de son interlocuteur.

Alan Johnston, psychologue de son état, explique dans le magazine Scientific American : « Le regard fait comprendre que vous êtes un objet d’intérêt, et l’intérêt est lié à l’attention. Plus les gens sont convaincus d’être coopératifs et chaleureux, et plus ils aiment maintenir un contact visuel ». Le peu d’échanges visuels dans ce moment particulier de l’entretien d’embauche, disons de séduction professionnelle réciproque, signe un manque d’attention, de politesse, de la timidité au mieux, au pire de l’hypocrisie ou de la soumission. De même, un regard fixe trop prolongé est également inquiétant car dérangeant… Pensons aussi à ce que vont ressentir les patients en face de cette personne…

Une mauvaise position

La manière de se tenir assis est peut-être le comportement le plus révélateur pour un professionnel des ressources humaines. Les positions courbées, de travers, avachies ou sur le bord de la chaise traduisent toutes une attitude désinvolte… si, lors des premières minutes de l’entretien, une personne se laisse aller à ne pas maîtriser sa posture, qu’imaginer pour la suite de la relation ? En entretien, l’espace réservé au candidat se limite strictement à la chaise sur laquelle il est assis. Prendre ses aises sur le bureau du praticien a tout pour alerter et rebuter. Même les coudes n’y ont pas leur place.

Être à l’aise oui, prendre ses aises et empiéter sur l’espace personnel de son interlocuteur, non. La personne est envahissante et certainement un peu trop sûre d’elle. Les bras croisés  sur sa poitrine sont une position manifestement défensive. C’est un signe de repli et de protection. Une personne ainsi recroquevillée n’est pas ouverte à la discussion. Or, un entretien d’embauche, c’est avant tout un échange ! Orienter la partie supérieure du corps vers la porte indique que le candidat préférerait sans doute être ailleurs qu’avec vous et s’enfuir en courant. S’adosser ou s’affaler marque un signe de manque d’intérêt et d’ennui : il convient pour le postulant de se tenir bien droit, d’être calé au fond de sa chaise, bien en face de son interlocuteur.

L’absence de sourire

La candidate postule pour travailler dans un cabinet dentaire, ne pas sourire serait un comble ! Une mine renfrognée ou trop inexpressive indique par le langage non-verbal une forme de fermeture à l’autre, cela n’invite ni au dialogue ni à nouer une relation avec la personne et lui donne un air définitivement antipathique. Un sourire permanent, figé, doit aussi alerter (il mettra mal à l’aise !) et éveiller des doutes quant à la sincérité de celui-ci.

La poignée de main

Si une poignée de main « molle » trahit le manque d’assurance, cette recommandation, connue de tous les candidats à un entretien d’embauche fait que, bien souvent, ces derniers broient la main de leur interlocuteur ! Si la main est littéralement broyée sous la puissance de l’autre, cela affirme que la candidate veut montrer son assurance, et même une certaine dominance… ou que, réellement enthousiaste de vous voir, elle en fait trop. La poignée de main « du bout des doigts » quant à elle représente une barrière érigée par le candidat, consciente ou non. La personne qui s’empresse de retirer sa main alors que vous venez de la saisir marque son hostilité, sa peur, voire son mépris ou dégoût, rien que ça. Elle ne souhaite pas être intégrée au groupe auquel vous appartenez, mauvais départ pour une collaboration future !

Le fait de gigoter ou de jouer avec un objet

Souvent il arrive aux personnes stressées de tenter de passer leur nervosité sur leurs pieds. Les mouvements de jambes, les balancements saccadés, même discrets, restent perceptibles… et doivent nous alerter. Croiser les jambes et gigoter les pieds est une forme de distraction qui montre que le candidat n’est pas à l’aise. La bonne attitude de la candidate : des pieds posés calmement sur le sol sans gigotements intempestifs. Ces gestes parasites comme ceux d’auto-contact (se gratter, se toucher les cheveux, le nez…) ne sont pas faits consciemment, ils sont simplement la manifestation d’une nervosité… ou d’une impatience. De la même façon, agiter un stylo, faire tourner ses lunettes, triturer un morceau de papier est un signe fort de stress intérieur et un moyen d’évacuer le stress. Les mains posées de la candidate doivent tenir en place, à plat sur la table, ou superposées l’une sur l’autre…

Avant la lune de miel

D’une façon générale, en entretien d’embauche, la personne qui se présente devant vous est (du moins dans son apparence !) ce qu’elle a de mieux à offrir, tout comme lors d’un premier rendez- vous. Les détails qui vous crispent ou attirent votre attention seront ceux qui vous rendront le candidat insupportable après quelques années de travail en commun, d’où l’importance d’être attentif… et sélectif afin de détecter un mauvais candidat !

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