Développé par AstraZeneca pour les patients atteints du Covid-19, AZD7442 est une combinaison de deux anticorps monoclonaux à longue durée d’action (LAAB) issus du plasma de deux patients convalescents ayant guéri d’une infection par le Sars-CoV-2. Ces deux anticorps dirigés contre la protéine spike du virus ont été sélectionnés pour leur capacité à le neutraliser grâce à une action synergique. Ces anticorps, reconnaissants deux parties distinctes de la protéine spike, sont moins susceptibles d’être affectés par des mutations touchant celle-ci. Cette combinaison d’anticorps est administrée en une seule dose par voie parentérale avec comme objectif de limiter la sévérité de l’infection chez des patients ayant un risque d’évolution vers une forme grave.

Traitement préventif et à visée curative

AstraZeneca évalue à l’heure actuelle AZD7442 dans le cadre d’autres essais cliniques : en tant que traitement préventif dans les essais PROVENT et STORM CHASER et en tant que traitement à visée curative, dans les essais TACKLE, ACTIV-2 et ACTIV-3.

Randomisé, multicentrique, réalisé en double aveugle et contrôlé par rapport à un placebo, l’essai DisCoVeRy piloté par l’Inserm va permettre de tester l’efficacité d’AZD7442 chez des patients atteints de Covid-19 et hospitalisés. La première inclusion a lieu en France cette semaine, avant celles dans les pays partenaires. Le suivi des 1 240 patients inclus dans l’étude en Europe s’effectuera sur une durée de 15 mois, jusqu’à novembre 2022. Une première analyse des résultats devrait être réalisée fin 2021.

« Permettre une amélioration de l’état clinique »

« Nous espérons que ce nouveau traitement pourra réduire les risques d’aggravation de la maladie, et permettre une amélioration rapide de l’état clinique des patients hospitalisés », indiquent les Prs Florence Ader et Maya Hites co-investigatrices principales de l’étude.

Les deux infectiologues pilotent conjointement cet essai DisCoVeRy évaluant l’efficacité clinique et virologique, ainsi que la sécurité d’un traitement contre le Covid-19. Une première série de quatre traitements a été testée. Ils ont été successivement jugés inefficaces sur la base des analyses intermédiaires, conduisant à une suspension des inclusions.