Les chercheurs du VRI (Inserm/université Paris-Est Créteil), du CEA-Jacob et de l’université Paris-Saclay travaillent à la mise au point d’un vaccin composé d’un anticorps monoclonal ciblant des cellules de l’immunité circulant dans l’organisme : les cellules dendritiques. Ces cellules sont « clés dans la stimulation du système immunitaire par leur capacité à induire une réponse anticorps et cellulaire, robuste et durable », souligne l’Inserm dans un communiqué. L’anticorps monoclonal est fusionné à une protéine du SARS-CoV-2, qui va venir stimuler les cellules dendritiques.

Par ailleurs, cette technologie vaccinale ciblant les cellules dendritiques (Dendritic Cell targeting) est actuellement en phase I d’un essai clinique évaluant la sécurité et l’immunogénicité d’un vaccin préventif contre le VIH, précise l’Inserm.

Restimuler la production d’anticorps neutralisants

Dans leur étude parue aujourd’hui, mercredi 1er septembre, dans le journal Nature Communication, les scientifiques se sont d’abord intéressés à la capacité de leur candidat vaccin à induire des réponses « de rappel » anti-Covid-19 dans des modèles utilisant des animaux convalescents ayant contracté le SARS-CoV-2 six mois plus tôt.

Ils montrent que ce vaccin est bien toléré et efficace, induisant une forte augmentation des anticorps neutralisants. Face à une nouvelle exposition au virus, les animaux convalescents et vaccinés présentent une charge virale indétectable ou éliminent le virus dans un délai plus court (moins de trois jours) comparativement aux animaux convalescents non vaccinés ou à des animaux témoins indemnes de toute infection préalable. Une dose de ce vaccin permet donc « une meilleure protection contre la réinfection que l’immunité naturelle », assure l’Inserm.

Les chercheurs ont déjà adapté le candidat vaccin contre le Covid-19 pour qu’il soit efficace contre les nouveaux variants identifiés au cours des derniers mois. En laboratoire, les anticorps induits par le vaccin sont capables de neutraliser « avec une très forte efficacité le variant alpha (B.1.1.7) et également de manière significative le variant bêta (B.1.351) ».

Cette étude montre qu’une seule administration du candidat vaccin, sans adjuvant, permet de restimuler la production d’anticorps neutralisants capables de contrôler le virus lors d’une réinfection. Des essais cliniques chez l’homme doivent démarrer en 2022. Ce vaccin pourrait compléter l’arsenal des vaccins anti-Covid déjà disponibles et « être utile pour les personnes convalescentes ou déjà vaccinées dont la réponse immunitaire a commencé à décliner, afin de renforcer leur immunité ».