Personne n’est à l’abri d’une douloureuse « rage de dent ». Même pas les terrifiants prédateurs. Mercredi 17 mars, au zoo de Mulhouse (Haut-Rhin), Baïkal, un tigre de Sibérie de 14 ans, s’est fait soigner un croc cassé et infecté. L’intervention s’est bien passée et le tigre se porte aujourd’hui comme un charme.

Il y a quelques semaines, les employés du parc zoologique et botanique de Mulhouse remarquent que Baïkal a un problème aux dents. « On avait un petit écoulement de pus sous le menton et, au moment de saisir sa nourriture, parfois il avait des postures de mandibules qui n’étaient pas tout à fait normales », explique Benoît Quintard, vétérinaire et directeur adjoint du parc, au quotidien régional Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

L’équipe du zoo décide donc de l’opérer. « Ce sont des interventions que l’on fait vraiment très peu fréquemment. (…) Cela faisait sept ans que nous n’avions pas manipulé ce tigre », raconte Benoît Quintard. À cette époque, Baïkal s’était déjà fracturé le croc en jouant. La dent avait alors été dévitalisée et comblée.

Mercredi 17 mars, vers 14 heures, le tigre est donc anesthésié puis étendu sur le côté pendant qu’on lui maintenait la gueule ouverte pour nettoyer et combler le nouveau croc. Ses racines font six ou sept centimètres de long.

« Il n’a fait aucun arrêt respiratoire, aucun arrêt cardiovasculaire, alors qu’on pouvait craindre des petites difficultés vu qu’il est assez âgé », se félicite Benoît Quintard.

Une espèce en voie de disparition

Pour rappel, la durée de vie d’un tigre est estimée à 26 ans en captivité et à 15 ans en liberté. Quant aux particularités spécifiques au tigre de Sibérie, ce dernier a également pour nom « tigre de l’amour » en raison de la région d’où il est originaire, entre la Chine et la Mongolie. Toutefois, très peu de spécimens évoluent encore dans cette région. L’essentiel de sa population se concentre aujourd’hui en Extrême-Orient russe où le dernier recensement approfondi de 2015 avait compté 562 individus. Et ce, surtout grâce aux mesures de protection énergiques prises en Russie pour favoriser la reproduction de cette espèce en voie de disparition.

Le tigre de Sibérie a un pelage légèrement plus clair que celui de ces congénères. Cette teinte lui permet de bien s’adapter aux environnements enneigés auxquels il est exposé une bonne partie de l’année. La graisse des flancs et du ventre lui garantit également une protection contre le froid. Le mâle peut mesurer jusqu’à 2,9 mètres de la tête à la queue et peser de 160 à 306 kg. Même si le plus gros tigre de Sibérie pesé à ce jour atteignait les 384 kg, précise le parc zoologique et botanique de Mulhouse sur son site internet.