Des millions d’années d’histoire en main. En Floride, aux États-Unis, un galeriste a trouvé sur une plage deux dents de mégalodon à trois semaines d’écart, rapporte la chaîne américaine CNN le 9 juillet. Le mégalodon, ou plus précisément Otodus megalodon est un gigantesque squale préhistorique qui mesurait entre 16 et 18 mètres de long, ce qui en fait le plus grand requin ayant jamais existé sur Terre. À titre de comparaison, le requin blanc qui terrifia des générations entières dans Les dents de la mer ne dépasse que très rarement les six mètres.

Début juillet, peu après le passage de la tempête Elsa, Jacob Danner se balade sur la plage de Fernandina à Jacksonville quand il découvre une incisive longue de 10 centimètres ayant appartenu à un mégalodon. « Cela vous donne envie de passer toute votre journée à chasser, en pensant qu’il doit y en avoir d’autres », confie le galeriste à CNN. Car, quelques semaines plus tôt, il avait trouvé une première dent, un peu plus petite, au même endroit. « La première que j’ai trouvée, je crois que c’était le 17 ou le 18 juin, je me suis figé et j’ai regardé autour de moi comme si je marchais sur le trottoir et que je tombais sur un billet de 100 dollars », raconte-t-il au site américain ActuWeather. « Il y a une partie de moi qui est surprise et une autre partie qui se sent coupable, je ne sais pas trop comment me sentir. J’ai regardé et je l’ai juste tenu, le tournant dans mes mains. »

Au rythme des marées

Après cette première découverte, le mauvais temps l’empêche toutefois de se promener au soleil levant en quête de nouveaux trésors. Jusqu’à ce que la météo ne lui permette de remettre le nez dehors. « C’était seulement la deuxième fois en quelques semaines que je sortais et les deux fois, en regardant le lever du soleil lors d’une promenade sur la plage, j’ai trouvé les dents de mégalodon. On a l’impression d’obtenir un petit fragment des mystères de l’histoire de notre planète ».

« La météo est certainement à l’origine d’une grande partie de la chasse », poursuit l’homme, collectionneur et passionné d’histoire. « Quand je regarde les marées, je regarde mon application pour vérifier parce que, pour moi, le meilleur moment pour y aller est toujours deux heures après le pic de la marée haute, quand la marée commence à redescendre, c’est comme si on barattait le rivage à l’envers. » Durant sa « chasse » la plus fructueuse, il raconte avoir trouvé 33 dents de requin différentes en deux heures. Mais avant cet été il n’avait encore jamais trouvé de dent de mégalodon.

« Cela vous ramène à cette fascination enfantine des dinosaures »

Les dents de mégalodon sont très prisées par les collectionneurs. Des milliers d’entre elles s’échouent sur le rivage du sud-est des États-Unis, explique Han Sues, titulaire de la chaire du département de paléobiologie du Smithsonian Museum of Natural History à CNN. Lors de tempêtes comme Elsa, les grandes vagues océaniques « ramassent de nombreux sédiments du fond marin dans les eaux peu profondes, puis les déposent sur les plages, constituant un festin pour les plagistes ».

Si l’intérêt scientifique de ces trouvailles est donc limité, la joie de Jacob Danner reste intacte. « Je la retourne dans tous les sens et la tiens dans ma main, en imaginant les millions d’années d’histoire que je tiens là », s’enthousiasme-t-il auprès de CNN. « C’est quelque chose de si ancien. Vous ramassez quelque chose qui a des millions d’années, et cela vous ramène à cette fascination enfantine des dinosaures », renchérit-il au téléphone avec Actu Weather. Nouvel objectif du galeriste lors de sa prochaine virée exploratrice : découvrir une pièce d’or provenant d’une épave de navire.

Têtes géantes et bébés cannibales

Les mégalodons peuplaient les océans du monde entier il y a un peu plus de 20 millions d’années. Ils étaient alors au sommet de la chaîne alimentaire. Selon les experts, la tête du mégalodon mesurait 4,65 mètres et l’animal avait environ 250 dents dentelées, pouvant aller jusqu’à 18 cm, un aileron d’environ 1,62 mètre de haut et une queue de quelque 3,85 mètres de haut. Plus effrayant encore : les bébés mesuraient jusqu’à 1m80 et étaient cannibales dans l’utérus.

Qu’est-ce qui a mis fin à l’existence de ce monstre marin ? Deux hypothèses s’affrontent : la montée du grand requin blanc moderne, Carcharodon carcharias ou une vague d’extinctions marines ayant affecté le climat et la biodiversité de la Terre, possiblement causées par une grande supernova. Mais la date de la disparition de l’espèce n’est pas claire non plus : la plupart des estimations la fixent à 3,6 millions d’années tandis que certains scientifiques assurent qu’elle s’est éteinte au Pléistocène inférieur soit il y a 1,6 million d’années.