Comment présenter un devis ?

Je vous avoue que ça a été pour moi la partie la plus compliquée. J’ai mis du temps à me sentir complètement à l’aise pour expliquer mes devis. J’ai beaucoup réfléchi, évoqué pas mal de situations et de jeux de rôle, pour faire en sorte que, autant le patient que moi-même, nous nous sentions bien. Car mon objectif est que le patient se sente bien, qu’il aille mieux, qu’il ait une meilleure santé dentaire et une meilleure santé en...

général.

La mise en place d’un environnement permettant aux patients d’accéder à des soins de qualité a bien sûr un coût. Ce dernier se calcule en additionnant les charges fixes et variables, les frais de personnel ainsi que notre rémunération. On détermine ainsi un taux horaire qui doit servir de base à l’élaboration de nos tarifs. C’est pour cela que, lors de la réalisation de notre plan de traitement, il faudra également déterminer la durée de chaque rendez-vous, et en divisant le montant global du devis par le nombre d’heures nécessaires à sa réalisation, nous pourrons savoir ainsi si nous sommes dans les clous ou pas et trouver une solution pour que, dans la majorité des cas, le taux horaire soit respecté tout en gardant la qualité et l’éthique de notre travail. Ceci dit, il faudrait considérer ce taux horaire comme une moyenne. Car certains plans de traitement durent moins longtemps, et d’autres plus.

S’il emploie le mot « fragile », je lui proposerai du solide.

Lorsqu’on accueille un patient pour lui présenter son plan de traitement et son devis, voici ma méthode : d’abord je suis consciente de la valeur inestimable que je vais lui apporter, je sais que j’ai fait un plan de traitement qui financièrement respecte mon travail et médicalement respecte le patient, je me sens claire sur la distinction entre le coût et la valeur.

Par ailleurs, comme ce rendez-vous fait généralement suite à la première consultation, je demande au patient si cette dernière a répondu à ses attentes et s’il a encore des questions ou des craintes. Je note tous ces points fondamentaux en marge de son dossier car ils vont servir de support à la mise au point de mon plan de traitement. Si le patient emploie le mot « fragile », je lui proposerai une solution solide, s’il me dit « moche », je lui proposerai du joli, s’il me parle « d’inconfort », je lui proposerai du confort, s’il a peur d’être « intoxiqué », j’insisterai sur les matériaux biocompatibles.

Expliquer un plan de traitement, c’est parler de ses bénéfices. Et quand le patient ressent de la joie, de l’espoir et de la confiance à cette idée, il ne reste plus qu’à voir avec lui comment financer son plan de traitement. Quand cela est possible, il m’arrive même de lui proposer de scinder le plan de traitement sur plusieurs années et de lui proposer de régler en 12 fois sans frais les soins réalisés dans l’année. C’est plus léger pour lui et cela équilibre la trésorerie du cabinet tout au long de l’année.

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